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Célébration


Contempler au loin le souffle divin du jour qui s’étire

Respirer enfin la fraîcheur de l’air qui pénètre, libre et fier, tous les pores de la peau

Reconnaître la magnificence de notre mère la Terre dans sa richesse immense

Sentir le pouls de la vie dans un silence exquis comme la plus belle cadence

Savourer sans fin le bruissement coquin du vent se faufilant à travers les champs

Sourire, rire, du chant limpide et céleste des milliers d’oiseaux venus de partout

Célébrer pour toujours la renaissance alentour donnant ses airs de fête à chaque parcelle de terrain

Puis goûter pour l’éternité le passage silencieux de ce temps trop court qui nous gorge d’amour

Antarctica

Trêve de politicailleries. J’en ai ras-le-bol. J’ai besoin de changer d’air. Je ne peux plus entendre parler de Mario Dumont. Je n’ai pas envie de saluer Ignatieff. Ma haine contre Harper a perdu sa flamme en quelques heures.

La météo ? Non, merci ! Il est tombé deux bordées de neige et déjà les discussions s’animent à ce sujet. Je préfère ne pas mettre le pied sur ce terrain, il suffit d’une minuscule plaque de glace pour y glisser. Car il y a pire, en fait…

Réchauffement climatique peut-être ? Ouf ! Avez-vous entendu parler de l’Antarctique ?

Réjouissant n’est-ce pas ? Et dire qu’on s’inquiète comme des fous de notre seul petit nombril, et ce tous autant que nous sommes. Au bout du compte, ça n’y changera pas grand chose, l’humain s’essouffle et le monde avec.

Je suis inquiète du sort que l’humanité réserve à la planète. Quand la nature est blessée, j’ai mal aussi pour elle. Je le ressens très fort, comme un point de tension qui m’élance l’échine jusqu’à la moelle. À la lecture de l’article traitant de la fonte des glaciers, et donc de la désalanisation des océans, j’ai eu soudain très peur. Et si tout cela arrivait beaucoup plus vite que l’on ne le croie ?

« L’augmentation de la température réchauffe l’eau, qui fait fondre plus de glace et devient donc plus douce. S’il y a moins d’eau qui descend dans les fonds marins parce que moins salée, il y a moins d’eau qui remonte vers la surface. En remontant, celle-ci transporte les nutriments essentiels à la prolifération de la vie aquatique, qui absorbe en cours de route beaucoup de gaz carbonique (CO2).

Résultat : moins de CO2 dans l’eau, plus de CO2 dans l’atmosphère; plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, plus de réchauffement du climat et… de l’eau. Bref, un cercle vicieux. Déjà que la planète se réchauffe plus vite que prévu, l’accélération pourrait être fulgurante. » (Le Soleil, 11 décembre 2008)

Combien de temps encore continuerons-nous à fermer les yeux, à vivre aujourd’hui sans imaginer ce qui restera demain, à jeter par la fenêtre les recommandations des chercheurs en environnement ?

Imaginez que le mois prochain, tout bascule. Que vaudra alors tous ces biens accumulés pendant tant d’années, que vaudra le temps perdu à s’étourdir dans l’irréel, dans le rêve d’un utopique bonheur proclamé au nom du capitalisme à outrance ?

Je suis là, en ce moment, à me questionner sur le sens véritable de cette existence complexe et fragile. Je ne prétends pas avoir de réponses définitives. J’aspire seulement à entretenir ce questionnement nécessaire face aux bouleversements extérieurs qui, inévitablement, se répercuteront à l’intérieur. Je souhaite ne jamais cesser de m’interroger sur la validité des choix que nous faisons. La prise de conscience passe par le doute. Je veux regarder le monde et donner du sens à ma route.