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Poursuivre sa route

Bon… je dois vous le dire: il n’est pas toujours aisé de se sentir heureux en permanence. Mais les choses vont bon train. Cependant, je ne dois pas me lâcher d’une semelle, histoire de ne pas me laisser aller à des états anxieux ou ténébreux, surtout le lendemain d’une soirée bien arrosée, comme je me sentais hier. Mais le plaisir de festoyer avec des amis faisant partie de cette quête de bonheur, je ne pouvais passer à côté de cette occasion. Conclusion: ne pas se laisser abattre par une fatigue de lendemain de veille.

Ce matin par contre, tout roule, le soleil est splendide et illumine tout l’espace de ses rayons, ce qui est non négligeable. Pourtant je sais que mon entraînement devra se poursuivre assidument encore un bon bout, car mes réflexes ne sont pas encore au point. Parfois, l’ombre du spleen plane, et je dois m’efforcer de la tenir à distance. C’est le cas lorsque je me mets à avoir des pensées d’ordre financier, cette foutue épée de Damoclès qui nous pend tous au-dessus de la tête pendant l’expérience de la vie. C’est le cas aussi lorsque je me demande encore par où commencer pour rester en état d’éveil le plus possible, et que tout mon corps demande de se vautrer dans la passivité. Mais il reste une évidence dans tout ça: je lutte constamment! Et mon pire ennemi, force est de constater qu’il s’agit de nul autre que moi! Alors je me garde perpétuellement à l’oeil et jusqu’à maintenant, ça fonctionne.

La principale difficulté que j’entrevois, c’est le poids de la routine, la monotonie du quotidien. Car tout ça fait aussi partie de l’existence, et me pousse à trouver des idées, mêmes anodines, pour contrer ses effets. La vie n’est pas toujours un grand happening… ça fait un bout de temps que j’ai intégré ce constat. Mais à l’intérieur de ma quête existentielle, je dois à tout prix user d’ingéniosité pour sortir de ce cadre d’une manière ou d’une autre. Les moyens à ma disposition existent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de moi, et mon travail est justement de mettre le doigt sur la meilleure manière d’accéder à une sensation de plénitude. Même dans la routine la plus plate. Si je ne peux pas me sentir bien dans l’action, je dois obligatoirement trouver la force d’être sereine dans la réflexion. Voilà un peu l’idée générale.

“Un pas à la fois, jamais davantage

Sur cette route aux mille visages”

F.B.

L’inspiration De Beauvoir comme moteur de réflexion

“Il faut considérer la vie comme une partie que l’on peut gagner ou perdre”

- Simone de Beauvoir

C’est une phrase toute simple que j’ai noté, un soir que je fouillais parmi des milliers de citations à la recherche d’une flamme pour m’éclairer. Une phrase sur laquelle je ne me suis pas trop arrêtée sur le coup. Je me suis contentée de la copier dans un fichier, puis l’ai laissé dormir.

Les jours sont passés et j’oubliai la phrase. Puis, soudain, j’ouvris par inadvertance le fichier et me plongeai dans ces paroles qui avaient trouvé écho en moi. C’est ainsi que les mots de Simone s’imprimèrent dans ma tête avec fracas, et que ma réflexion sur l’idée du bonheur prit son envol. Et c’est par ces mots que je décidai d’entamer une grande quête de bien-être, non pas comme une panacée mais comme une fin, comme un état physique et psychique provoqué par le désir féroce d’aller au bout de soi.

Car je crois en effet que la vie a tout du jeu, et que le résultat ne dépend que de notre manière d’aborder la partie. Je crois aussi que les habitudes se prennent plus rapidement qu’elles se perdent, et qu’il faut user autant de volonté que d’optimisme pour que le chance soit de notre côté.

La propension à être heureux, même si elle est innée, peut fort bien se transformer en désarroi si les écueil s’accumulent sur notre chemin. Et si, d’emblée, une personne ne semble pas prédestinée à une vie heureuse, il est fort possible que cette même personne accède à une certaine forme de sérénité s’il elle est dotée d’une nature le moindrement déterminée.

Partant de cette thèse,  j’ai pensé que, peut-être, à force d’épreuves et de douleurs, j’avais abdiqué, et ce à mon propre insu. Soudainement j’entrevoyais la vie comme une partie que j’allais perdre d’une manière ou d’une autre, et cela influençais chaque instant de mon existence. À trop broyer de noir, je ne savais plus voir le moindre éclat de lumière.

C’est donc de cette manière que se sont déroulés les premiers instants de ce questionnement, dont le but premier est en fait de tester différentes approches pour modifier mes propres mécanismes de réflexion, d’introspection, de protection. Surtout, l’idée derrière tout ça est de trouver de bons outils pour évoluer dans ce monde afin d’avoir le sentiment, en bout de course, d’avoir remporté la partie.

Gagner pour moi, ce serait d’user de toute ma durée avec appétit, émerveillement et reconnaissance. Ce serait aussi de rester attentive à ce que le monde offre généreusement à nos âmes errantes.

En ce jour 3 de mon “entraînement”, je peux affirmer que je me sens davantage comme une gagnante que depuis de forts longs mois. Par-dessus tout, je suis résolue à poursuivre sur cette belle voie.

À suivre…

F.B.