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De ce monde insondable

La quête de l’existence est immense et les réponses insaisissables

À chaque pas l’esprit est éveillé par des milliers de détails

De dilemme en dilemme nous marchons à tâtons

Nous construisons et détruisons les murs de notre propre prison


 

Il y a tant à saisir dans ce foisonnement infini de beauté

C’est la peur qui chavire à force de chercher

Plus que tout la crainte de passer à côté de l’essentiel de la vie

Ainsi que le doute perpétuel d’avoir su prendre le bon parti


 

Le monde est riche, débordant de trouvailles qui allument notre curiosité

L’empreinte de nos pas témoigne de cette course effrénée

Il est si ardu de trouver le sens réel de cette quête

Pourtant il est aussi vain de toujours se prendre la tête


 

Parfois l’abandon et le relâchement prodiguent les plus savoureuses richesses

Suffit simplement de peser fermement sur le frein pour faire place à la paresse

Aussi faut-il mettre le bâillon à notre venin intérieur

Celui qui fait courir sans fin le doute et la peur


 

 

 

Il n’y a de pire ennemi que notre propre part d’ombre

Ses mots sont un poison agissant sur nos ondes

Si nous écoutons un seul instant ses propos comme un reflet de la vérité

Ça y est, c’est foutu, nous allons vaciller puis nous effondrer


 

De l’autre côté de ce monde de ténèbres existe celui de la lumière céleste

Elle agit sur nous comme une berceuse chantée à notre oreille en déroute

Elle chasse d’un seul geste toute crainte et tout doute

 

Nous n’avons qu’à poser un regard tendre sur la vie qui s’ébat

Pour capter sa musique comme la plus belle des voix.


F.B.

Un pas à la fois

Regarde comme le monde est vaste

et pourtant si près de toi à chaque pas

Regarde combien il faut de courage

pour poser le pied sur le sol au petit matin

Cette quête effrénée de l’existence n’a de sens

que celui que tu lui donnes

 

Parfois le brouillard alentour se fait si dense

que tes yeux n’y voient plus rien

 

Regarde au loin l’avenir qui se dessine

traçant de grandes lignes dans toutes les directions

et puis regarde un peu derrière toi le tracé de tes sillons

cette route étrange qui porte ton nom

qui porte ton âge et tout ton bagage

 

Regarde, et surtout regarde bien

même transi devant l’incertain

cette soif qui t’habite et demande sa délivrance

Regarde sans craindre le mouvement, le battement

de cette source qui coule sous ta peau

Regarde toute cette eau

comme un fleuve majestueux qui descend vers la mer

comme un torrent fougueux creusant son lit dans la terre

 

Regarde longuement, ne ferme pas les yeux

Ouvre ton œil comme au premier jour

Regarde la vie qui suit son cours

puis avance, fais un seul pas

ne regarde plus ce qui reste derrière toi

 

Si ton pas est ferme, avance à nouveau, tu verras

Rien ne tombe, rien ne s’arrête, tout est là

mille bras s’ouvrent à ton passage

la lumière te suit à mesure que tu progresses

Vas ton chemin, fonce vers demain

Regarde bien comme il te sourira

 

Vas-y marche et ne recule devant rien

si le doute t’assaille, n’écoute pas ses propos

si la peur te gagne cherche à l’apprivoiser

puis continue, toujours, sans trop t’arrêter

vas voir ce qu’il y a de l’autre côté

de ce que tes yeux refusent de voir

de ce que ton cœur ne sait plus croire

 

Un pas à la fois, jamais davantage

sur cette route aux mille visages

Et quand ton pas sera ferme et assuré

tu sentiras sur ta peau un souffle léger

Ce sera ton salut, doux et enveloppant

comme seule peux le faire la caresse du vent


F.B.

Poursuivre sa route

Bon… je dois vous le dire: il n’est pas toujours aisé de se sentir heureux en permanence. Mais les choses vont bon train. Cependant, je ne dois pas me lâcher d’une semelle, histoire de ne pas me laisser aller à des états anxieux ou ténébreux, surtout le lendemain d’une soirée bien arrosée, comme je me sentais hier. Mais le plaisir de festoyer avec des amis faisant partie de cette quête de bonheur, je ne pouvais passer à côté de cette occasion. Conclusion: ne pas se laisser abattre par une fatigue de lendemain de veille.

Ce matin par contre, tout roule, le soleil est splendide et illumine tout l’espace de ses rayons, ce qui est non négligeable. Pourtant je sais que mon entraînement devra se poursuivre assidument encore un bon bout, car mes réflexes ne sont pas encore au point. Parfois, l’ombre du spleen plane, et je dois m’efforcer de la tenir à distance. C’est le cas lorsque je me mets à avoir des pensées d’ordre financier, cette foutue épée de Damoclès qui nous pend tous au-dessus de la tête pendant l’expérience de la vie. C’est le cas aussi lorsque je me demande encore par où commencer pour rester en état d’éveil le plus possible, et que tout mon corps demande de se vautrer dans la passivité. Mais il reste une évidence dans tout ça: je lutte constamment! Et mon pire ennemi, force est de constater qu’il s’agit de nul autre que moi! Alors je me garde perpétuellement à l’oeil et jusqu’à maintenant, ça fonctionne.

La principale difficulté que j’entrevois, c’est le poids de la routine, la monotonie du quotidien. Car tout ça fait aussi partie de l’existence, et me pousse à trouver des idées, mêmes anodines, pour contrer ses effets. La vie n’est pas toujours un grand happening… ça fait un bout de temps que j’ai intégré ce constat. Mais à l’intérieur de ma quête existentielle, je dois à tout prix user d’ingéniosité pour sortir de ce cadre d’une manière ou d’une autre. Les moyens à ma disposition existent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de moi, et mon travail est justement de mettre le doigt sur la meilleure manière d’accéder à une sensation de plénitude. Même dans la routine la plus plate. Si je ne peux pas me sentir bien dans l’action, je dois obligatoirement trouver la force d’être sereine dans la réflexion. Voilà un peu l’idée générale.

“Un pas à la fois, jamais davantage

Sur cette route aux mille visages”

F.B.

L’inspiration De Beauvoir comme moteur de réflexion

“Il faut considérer la vie comme une partie que l’on peut gagner ou perdre”

- Simone de Beauvoir

C’est une phrase toute simple que j’ai noté, un soir que je fouillais parmi des milliers de citations à la recherche d’une flamme pour m’éclairer. Une phrase sur laquelle je ne me suis pas trop arrêtée sur le coup. Je me suis contentée de la copier dans un fichier, puis l’ai laissé dormir.

Les jours sont passés et j’oubliai la phrase. Puis, soudain, j’ouvris par inadvertance le fichier et me plongeai dans ces paroles qui avaient trouvé écho en moi. C’est ainsi que les mots de Simone s’imprimèrent dans ma tête avec fracas, et que ma réflexion sur l’idée du bonheur prit son envol. Et c’est par ces mots que je décidai d’entamer une grande quête de bien-être, non pas comme une panacée mais comme une fin, comme un état physique et psychique provoqué par le désir féroce d’aller au bout de soi.

Car je crois en effet que la vie a tout du jeu, et que le résultat ne dépend que de notre manière d’aborder la partie. Je crois aussi que les habitudes se prennent plus rapidement qu’elles se perdent, et qu’il faut user autant de volonté que d’optimisme pour que le chance soit de notre côté.

La propension à être heureux, même si elle est innée, peut fort bien se transformer en désarroi si les écueil s’accumulent sur notre chemin. Et si, d’emblée, une personne ne semble pas prédestinée à une vie heureuse, il est fort possible que cette même personne accède à une certaine forme de sérénité s’il elle est dotée d’une nature le moindrement déterminée.

Partant de cette thèse,  j’ai pensé que, peut-être, à force d’épreuves et de douleurs, j’avais abdiqué, et ce à mon propre insu. Soudainement j’entrevoyais la vie comme une partie que j’allais perdre d’une manière ou d’une autre, et cela influençais chaque instant de mon existence. À trop broyer de noir, je ne savais plus voir le moindre éclat de lumière.

C’est donc de cette manière que se sont déroulés les premiers instants de ce questionnement, dont le but premier est en fait de tester différentes approches pour modifier mes propres mécanismes de réflexion, d’introspection, de protection. Surtout, l’idée derrière tout ça est de trouver de bons outils pour évoluer dans ce monde afin d’avoir le sentiment, en bout de course, d’avoir remporté la partie.

Gagner pour moi, ce serait d’user de toute ma durée avec appétit, émerveillement et reconnaissance. Ce serait aussi de rester attentive à ce que le monde offre généreusement à nos âmes errantes.

En ce jour 3 de mon “entraînement”, je peux affirmer que je me sens davantage comme une gagnante que depuis de forts longs mois. Par-dessus tout, je suis résolue à poursuivre sur cette belle voie.

À suivre…

F.B.

La difficulté d’être

Jean Cocteau écrivait, en 1947, ce livre très beau où il faisait constat de cette quête identitaire inhérente à chacun de nous:  “La Difficulté d’Être”.

Pourtant, cet homme aux multiples talents, en apparence, avait tout pour être heureux. Prolifique, tout ce qu’il touchait se transformait en perles de beauté. Son oeuvre est magistrale et ses médiums multiples. Il représentait ce que je considère être un artiste profondément accompli. Sa vie fut riche et pleine, marquée par des rencontres fortes avec les artistes de sa génération. Il a influencé le monde des arts à plusieurs niveaux: littérature, théâtre, cinéma, dessin, graphisme.

Hors, son questionnement existentiel fut sans relâche.

Il semble que le fait de se dépasser, de révéler sa propre créativité, ne puisse nous immuniser à la puissance du doute identitaire. J’ose même penser que pour ces gens allumés, influents, épris de liberté autant que de réalisation, les bouleversements  intérieurs fournissent davantage d’épreuves. Sans doute parce que, connectés sur un flot continu de remises en question via leur démarche artistique, ces gens se retrouvent forcément interpellés par les questions philosophiques, l’art n’étant jamais trop éloigné de cette école.

D’une manière ou d’une autre, tous nous sommes pris avec l’incertitude, l’inconstance, l’instabilité, à plus ou moins grande échelle. Ne serait-ce que par rapport à notre image: celle que nous projetons ou croyons projeter, versus celle que les autres perçoivent ou croient percevoir. Être soi est sans aucun doute l’entreprise la plus ardue de toute existence. Se définir en tant qu’être humain demande une vie entière. Et encore. Saurons-nous vraiment, à la toute fin de notre parcours, qui nous sommes? Y aura-t-il un moment où l’hésitation ne définira plus notre démarche sur cette route escarpée de la quête de soi?

Il semble qu’il ne suffise pas d’accomplir de grandes choses pour obtenir plus de certitudes que les autres. À la lumière de ce constat, il m’apparaît évident qu’une vie humaine riche et nourrissante passe obligatoirement par la recherche de cette pierre philosophale mythique bien enracinée dans notre imaginaire collectif. Et ce tâtonnement incertain est, sans nul doute, aussi intemporel qu’universel.

FB