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Gros lendemain électoral en 6 constats

1 – La grande annonciation :

Décidément, notre Berny national, pour sa dernière présentation de soirée électorale, nous a fait part de ses prédictions de très bonne heure. À 20h34, nous avions le loisir d’entendre le fameux : « Si la tendance se maintient… » Qu’eut été mon bonheur si ce cher Berny, dans son empressement à nous dire son verdict, c’était trompé en annonçant si tôt l’élection du gouvernement libéral majoritaire. Mais bon… il est (encore) permis de rêver. N’empêche que j’aurais apprécié que le suspense dure un peu plus longtemps. Ça ne va pas un peu vite, non ?

2 – Logique réductrice :

Si seulement 57% de l’électorat a fait l’effort d’aller faire entendre sa voix, est-ce que cela signifie en fait que 43% de la population votante a choisi, de son côté, de se faire entendre en gardant le silence ? Belle utilisation de la démocratie, j’aimerais que l’on donne une bonne main d’applaudissement devant un tel courage. Je suis convaincue qu’il s’agit de la meilleure méthode pour s’affirmer politiquement en tant qu’individu. Bravo.

3 – Délire utopique :

Imaginez un seul instant que les 43% de gens ayant voté pour le « OUI » économique de Jean Charest, lors du futur référendum sur la souveraineté, se fourvoient avec l’idée derrière le mot et tracent un gros X sur le OUI indépendantiste, et ce en même temps que tous les péquistes. Nous aurions alors un pays…

4 – Cerise sur le sundae :

Totale déconfiture adéquiste. Départ de Mario Dumont de la scène politique – sinon pour longtemps, du moins pour un temps. Le concept « autonomiste » de l’ADQ s’est essoufflé de lui-même, trop alourdi à force d’orgueil de la part de son chef. C’est sans doute une bonne leçon à retenir pour cette formation, et l’analyse de cette chute pourra sans doute la servir dans la révision de son programme, mais surtout dans la définition de l’avenir de l’organisation.

5 – Lumière d’espoir :

Élection d’Amir Khadir dans son compté. Discours touchant et empreint de promesse. Bien sûr, QS ne représente qu’une fraction dans l’échiquier électoral. Mais la voie déterminée qu’emprunte ce parti, d’ailleurs encore tout jeune, réussit à semer au passage le germe d’idées nouvelles et le goût du débat de fond. Un véritable vent de fraîcheur dans la sécheresse idéologique actuelle. Peut-être que, doucement, cela influencera la vision et les décisions de tous ceux qui, d’une quelconque façon, flirtent avec la gauche. Gauchistes, rassemblez-vous !

6 – D’Obama à… :

Comment ne pas faire mention du passage de la première femme en tant que chef de l’opposition officielle, la très soulagée Pauline Marois. Elle aura réussit, donc, à sortir le PQ de la torpeur et à en prendre les rennes. Elle peut être fière d’avoir gagné son siège, après la bataille qu’elle a mené, ne serait-ce qu’au niveau de son image. Car, bien sûr, après une telle année aux élections multiples, force est de constater que les choses changent… Lentement, mais sûrement ? De biens beaux gains en tout cas dans ce paysage politique en pleine mutation. Bon mardi ! FB

Portrait d’une utopie

Ouais… un lundi 8 décembre qui s’annonce pas mal moins excitant que le mardi 4 novembre… Que dire de cette campagne sans effervescence, effacée par les bouleversements fédéraux ?

Je crains bien le pire… que le résultat soit assez semblable à celui que l’on a connu aux dernières – un certain 14 octobre pas si lointain – et qui a fait en sorte que la carte politique n’a pratiquement pas changé d’aspect, à deux ou trois différences près. Si Charest demeure minoritaire, et que le seul changement au sein de l’assemblée nationale se trouve au niveau de l’opposition officielle, peut-on s’attendre à ce que péquistes et adéquistes forment un gouvernement de coalition ? Pourquoi pas, au point où nous en sommes… après un gros trip généralisé de gouvernements minoritaires à tous les niveaux, une nouvelle mode pourrait bien voir le jour : les coalisationistes !

Je me demande vraiment si la population s’intéresse encore à son avenir politique. Un taux de participation au plus bas, une extrême division des votes… on dirait que notre peuple ne sait plus ce qu’il veut, et se conforte dans le pernicieux cercle de la désillusion.

Pourtant, moi-même suis aux prises avec une valse-hésitation intérieure en regard aux différents programmes proposés. Programmes ? Le mot n’est pas tellement révélateur. Je partage cette impression de toujours entendre le même discours peu importe le chef en place. Sauf dans le cas de Québec Solidaire. Mais j’ai beau partager l’essentiel des idées de cette formation, je persiste à douter de la validité de diviser davantage les votes souverainistes et sociaux-démocrates. VLB se présente comme indépendant indépendantiste dans mon comté. Je comprends, mais n’y adhère pas. Oui, j’admets que les idéaux du PQ ont bien changé depuis 1980. Mais ne serait-il pas plus pertinent d’unir l’ensemble de ces forces indépendantistes ? Il me semble que tous ceux qui se réclament de la gauche auraient avantage à travailler en commun au bien de la société québécoise. Mais comme le dirait une amie et son macaron révélateur : UTOPISTES, DEBOUT !!!

En attendant la concrétisation de ce grand rêve quasi illusoire, allons voter ! FB