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À propos du silence

Le silence me fait du bien. Dans cette existence où nos sens sont sollicités à chaque instant, je ressens souvent le besoin de me lover dans ma coquille, pour écouter mes propres sonorités. Dans le processus d’écriture, c’est absolument nécessaire de prendre de la distance, de se taire, pour mieux recouvrer l’usage de la parole. C’est ce que je suis en train de faire. Parfois les idées sont nourries par l’action, mais en ce moment elles se mettent en place dans le calme de mon univers intérieur.

Longtemps je me suis pris la tête à chaque fois que le silence s’imposait à moi. Je croyais que les mots ne reviendraient jamais si je les laissait s’éloigner. Je ne savais pas à cette époque que les mots sont comme les gens, qu’il faut leur offrir la liberté pour que puisse s’exprimer le meilleur d’eux-même. Je cherchais à ce moment à les retenir alors qu’ils ne voulaient plus rien dire. Jusqu’au jour où j’ai compris que le processus créatif est comme le ressac de la mer, qu’il suit un rythme d’allers et de retours entre le mouvement et l’arrêt, entre l’abondance et la rareté, entre la présence et le retrait.

À l’intérieur de cette vague continuelle qui représente ma création, je me situe en ce moment au stade où l’eau quitte le sable pour retrouver la mer, juste avant de reprendre son souffle pour pousser de toutes ses forces vers l’avant. Le silence est souverain, le calme prend toute la place. Une certaine plénitude m’envahit, car je sais aujourd’hui que rien ne cesse réellement, que la vie nous ramène toujours à l’essentiel, et que ce qui est ancré à l’intérieur de soi ne meurt jamais.

Les mots jonchent les pourtours de ma route, nous nous sommes choisis il y a fort longtemps, et cet amour réciproque que nous nous prodiguons m’apporte le courage d’avancer toujours davantage sur la route qui est la mienne. Et le silence? ce n’est que des mots qui se taisent…

Woody le sage…

Woody Allen a l’habitude de nous offrir des perles de sagesse qui flirtent délicieusement avec l’absurde. Voici celle du jour.

” Tant que l’homme sera mortel, il ne sera jamais décontracté.”

Ne vous demandez donc pas pourquoi vous êtes stressé!

Bonne journée!

F.B.

Retrouver un texte enfoui dans l’oubli

J’avais 17 ans à l’époque où j’ai lu ce texte pour la première fois. C’était ma première année de Cégep, et je me passionnais pour toute découverte littéraire. Aussi avais-je avoué mon amour des mots à l’un de mes professeurs, lequel s’avérait être un inconditionnel de la parole écrite sous toutes ses formes.

Un jour il m’offrit ce texte à lire. Un feuillet magnifique, beau et dur à la fois. Un propos criant de lucidité et de désillusion. L’auteur, un suédois, fut considéré à son époque comme l’un des plus brillant écrivain de sa génération. Aussi était-il aux prises avec un profond mal de vivre, qui se solda en un suicide à l’âge de 31 ans.

Dernièrement, je suis allée chercher des livres à la bibliothèque, et en fouillant dans les rangées à travers mille et un titres, mes yeux se posèrent tout à coup sur ces pages empreintes de détresse, pages que je n’avais plus lues depuis 15 ans maintenant.

On ne fait pas la même lecture à 17 ans qu’à 32, bien sûr, et lorsque je me replongeai dans ces mots, je pus enfin entendre, je crois,  le réel propos de cet homme terrassé par la douleur, un mal sourd et pourtant profond qui s’avéra totalement autodestructeur.

Mais il n’en demeure pas moins que le dit texte possède de grandes qualités littéraire et poétiques, et le constat malheureux de l’auteur, grâce à sa prose remarquable, ne réussit pas à nous décourager. Car la force des mots réside justement dans ce savant dosage de tragique dans le propos et de poésie dans la forme, ce qui aboutit à un livret d’une rare sensibilité, beau et terrible à la fois.

Prenez 15 minutes de votre temps pour aller le lire… imprimez-le surtout, et peut-être, dans 15 ans, vos yeux se poseront-ils à nouveau sur ces pages et en ferez-vous une lecture totalement nouvelle… pour votre plus grand bonheur!

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

Stig Dagerman, 1923-1954

F.B.