Dimanche, vers la fin de la matinée, le soleil est sorti en douceur de derrière le voile de nuages qui garnissait le ciel. Pour notre plus grand bonheur d’ailleurs, car nous avions prévues, K et moi, de se rendre à St-Germain pour une belle randonnée de raquette.
Il fut un temps où cet endroit magnifique abritait un domaine immense ainsi qu’un manoir haut perché avec vue sur le fleuve. Le temps a fait son œuvre et le manoir, bien que toujours debout, donne l’impression d’être sur le point de s’écrouler. Le domaine, avec les années, est devenu un lieu de promenade avec une foule de sentiers offerts soit pour les marcheurs, soit pour les cavaliers et leur monture. On l’appelait Pointe-à-la-flèche.
J’ai connu cet endroit superbe il y a plusieurs années, alors que j’habitais Québec et qu’un ami m’avait convié à son chalet, justement situé à St-Germain. Pour nous y rendre, nous n’avions qu’à traverser la 132 et à marcher cinq minutes, puis nous nous y engouffrions, ravis, pour tout l’après-midi. Les sentiers, chaque fois, nous en donnaient à coeur joie. La variété du décor et des pistes plait à quiconque se décrit comme un amoureux de la nature. Pour ma part, j’y ai trouvé un sentiment de grande ivresse, un vertige souverain qui me faisait l’effet de l’envol de mon âme.
Dimanche, en raquette, j’ai ressenti une fois encore ce puissant souffle m’habiter. C’était la première fois que je m’y rendais en hiver, mais je peux certifier que ce ne sera pas la dernière. La beauté féerique et sauvage à la fois de ces montagnes boisées m’a chauffé le coeur a ras bord. J’ai eu l’impression de prendre un bain de lumière, parmi toute cette neige molle qui garnissait chacun des arbres alentours. La randonnée fut grisante, nous réservant aussi sont lot de fous rires à tout instant. Je me suis sentie légère comme pas souvent. Wow ! Comme c’est bon d’avoir des ailes parfois !
À la fin de la promenade, retournant à la voiture, nous sommes tombées par hasard sur une amie de K, qui s’adonnait à la contemplation de la marée montante. Quel spectacle ! Choses que j’ignorais, les grandes marées de janvier offrent un phénomène rare et fascinant : l’eau traverse la barrière de glace qu’elle-même a formé en passant dessous, pour venir garnir tranquillement les berges dans un mouvement envahissant, avec comme fond sonore mille clapotis et bouillonnements étranges sortants de toutes parts. L’eau avance sur la neige en prenant l’allure d’une belle slush, remplissant chacun des creux et formant des sillons ça et là. J’observai la scène avec délectation pendant plusieurs minutes. Puis, nos pieds gelés nous rappelèrent qu’il fallait partir… pour mieux revenir ! Merci K !
FB