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Lumière d’ivresse

L’ivresse nouvelle diffuse ses effluves

Le renouveau des sens

complètement à l’affût

Le parfum du silence

s’enlise sous la peau

Il n’y a plus de sens qui ne résiste à l’esprit

Tout se libère, s’enfuit

vole dans le monde

vole dans la nuit

jusqu’à s’essouffler

Tout s’envole ailleurs

dans le souffle intérieur

de la vie qui s’ébat

guidée par une seule loi

Celle qui oblige le monde

à renaître de ses cendres

chaque fois

que le navire s’échoue

La loi qui fuse de partout

racontant le monde, racontant la beauté

suspendus sous nos pieds

La vie est une bête étrange

Ses fruits sont une terre immense

aveuglante de lumière.

Un pas à la fois

Regarde comme le monde est vaste

et pourtant si près de toi à chaque pas

Regarde combien il faut de courage

pour poser le pied sur le sol au petit matin

Cette quête effrénée de l’existence n’a de sens

que celui que tu lui donnes

 

Parfois le brouillard alentour se fait si dense

que tes yeux n’y voient plus rien

 

Regarde au loin l’avenir qui se dessine

traçant de grandes lignes dans toutes les directions

et puis regarde un peu derrière toi le tracé de tes sillons

cette route étrange qui porte ton nom

qui porte ton âge et tout ton bagage

 

Regarde, et surtout regarde bien

même transi devant l’incertain

cette soif qui t’habite et demande sa délivrance

Regarde sans craindre le mouvement, le battement

de cette source qui coule sous ta peau

Regarde toute cette eau

comme un fleuve majestueux qui descend vers la mer

comme un torrent fougueux creusant son lit dans la terre

 

Regarde longuement, ne ferme pas les yeux

Ouvre ton œil comme au premier jour

Regarde la vie qui suit son cours

puis avance, fais un seul pas

ne regarde plus ce qui reste derrière toi

 

Si ton pas est ferme, avance à nouveau, tu verras

Rien ne tombe, rien ne s’arrête, tout est là

mille bras s’ouvrent à ton passage

la lumière te suit à mesure que tu progresses

Vas ton chemin, fonce vers demain

Regarde bien comme il te sourira

 

Vas-y marche et ne recule devant rien

si le doute t’assaille, n’écoute pas ses propos

si la peur te gagne cherche à l’apprivoiser

puis continue, toujours, sans trop t’arrêter

vas voir ce qu’il y a de l’autre côté

de ce que tes yeux refusent de voir

de ce que ton cœur ne sait plus croire

 

Un pas à la fois, jamais davantage

sur cette route aux mille visages

Et quand ton pas sera ferme et assuré

tu sentiras sur ta peau un souffle léger

Ce sera ton salut, doux et enveloppant

comme seule peux le faire la caresse du vent


F.B.

Poursuivre sa route

Bon… je dois vous le dire: il n’est pas toujours aisé de se sentir heureux en permanence. Mais les choses vont bon train. Cependant, je ne dois pas me lâcher d’une semelle, histoire de ne pas me laisser aller à des états anxieux ou ténébreux, surtout le lendemain d’une soirée bien arrosée, comme je me sentais hier. Mais le plaisir de festoyer avec des amis faisant partie de cette quête de bonheur, je ne pouvais passer à côté de cette occasion. Conclusion: ne pas se laisser abattre par une fatigue de lendemain de veille.

Ce matin par contre, tout roule, le soleil est splendide et illumine tout l’espace de ses rayons, ce qui est non négligeable. Pourtant je sais que mon entraînement devra se poursuivre assidument encore un bon bout, car mes réflexes ne sont pas encore au point. Parfois, l’ombre du spleen plane, et je dois m’efforcer de la tenir à distance. C’est le cas lorsque je me mets à avoir des pensées d’ordre financier, cette foutue épée de Damoclès qui nous pend tous au-dessus de la tête pendant l’expérience de la vie. C’est le cas aussi lorsque je me demande encore par où commencer pour rester en état d’éveil le plus possible, et que tout mon corps demande de se vautrer dans la passivité. Mais il reste une évidence dans tout ça: je lutte constamment! Et mon pire ennemi, force est de constater qu’il s’agit de nul autre que moi! Alors je me garde perpétuellement à l’oeil et jusqu’à maintenant, ça fonctionne.

La principale difficulté que j’entrevois, c’est le poids de la routine, la monotonie du quotidien. Car tout ça fait aussi partie de l’existence, et me pousse à trouver des idées, mêmes anodines, pour contrer ses effets. La vie n’est pas toujours un grand happening… ça fait un bout de temps que j’ai intégré ce constat. Mais à l’intérieur de ma quête existentielle, je dois à tout prix user d’ingéniosité pour sortir de ce cadre d’une manière ou d’une autre. Les moyens à ma disposition existent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de moi, et mon travail est justement de mettre le doigt sur la meilleure manière d’accéder à une sensation de plénitude. Même dans la routine la plus plate. Si je ne peux pas me sentir bien dans l’action, je dois obligatoirement trouver la force d’être sereine dans la réflexion. Voilà un peu l’idée générale.

“Un pas à la fois, jamais davantage

Sur cette route aux mille visages”

F.B.