Archives du Tag: Idées

À propos du silence

Le silence me fait du bien. Dans cette existence où nos sens sont sollicités à chaque instant, je ressens souvent le besoin de me lover dans ma coquille, pour écouter mes propres sonorités. Dans le processus d’écriture, c’est absolument nécessaire de prendre de la distance, de se taire, pour mieux recouvrer l’usage de la parole. C’est ce que je suis en train de faire. Parfois les idées sont nourries par l’action, mais en ce moment elles se mettent en place dans le calme de mon univers intérieur.

Longtemps je me suis pris la tête à chaque fois que le silence s’imposait à moi. Je croyais que les mots ne reviendraient jamais si je les laissait s’éloigner. Je ne savais pas à cette époque que les mots sont comme les gens, qu’il faut leur offrir la liberté pour que puisse s’exprimer le meilleur d’eux-même. Je cherchais à ce moment à les retenir alors qu’ils ne voulaient plus rien dire. Jusqu’au jour où j’ai compris que le processus créatif est comme le ressac de la mer, qu’il suit un rythme d’allers et de retours entre le mouvement et l’arrêt, entre l’abondance et la rareté, entre la présence et le retrait.

À l’intérieur de cette vague continuelle qui représente ma création, je me situe en ce moment au stade où l’eau quitte le sable pour retrouver la mer, juste avant de reprendre son souffle pour pousser de toutes ses forces vers l’avant. Le silence est souverain, le calme prend toute la place. Une certaine plénitude m’envahit, car je sais aujourd’hui que rien ne cesse réellement, que la vie nous ramène toujours à l’essentiel, et que ce qui est ancré à l’intérieur de soi ne meurt jamais.

Les mots jonchent les pourtours de ma route, nous nous sommes choisis il y a fort longtemps, et cet amour réciproque que nous nous prodiguons m’apporte le courage d’avancer toujours davantage sur la route qui est la mienne. Et le silence? ce n’est que des mots qui se taisent…

Blogues féminins, dites-vous?

Il semble que les blogues féminins soient bien spécifiques.

Que pensez-vous des préoccupations des femmes d’aujourd’hui? Croyez-vous que le vaste monde de la réflexion sociale ou politique est un territoire réservé aux hommes?

Décidément, les mentalités n’évoluent pas très rapidement.

Michelle Blanc, dans son billet du jour, traite avec doigté du sujet des femmes qui bloguent, en lien avec le prix Elle-Wikio. Très intéressant. Allez y jeter un coup d’œil, ça vaut la peine de lire aussi les commentaires associés au billet. Personnellement, ça m’a fait réagir, voici donc le pourquoi de mon billet du jour.

Je me demande comment il est possible que, encore en 2008, l’idée de la femme soit associée uniquement à des thématiques telles que: cuisine, déco, mode, shopping, bébés. Je suis une femme, alors je suis assez bien placée pour savoir que nous ne sommes pas QUE ça!

Comme les autres, je suis coquette, j’aime la féminité et j’aime la mettre en valeur. Pourtant, de nos jours, nombres d’hommes – catalogués métro sexuels par je ne sais qui – ont découvert ce goût assumé pour la coquetterie. Aussi, comme toutes les femmes, j’aime faire la cuisine, je lis des magazines de recettes, je regarde Daniel Pinard et achète Ricardo. Pendant ce temps, nos chromosomes Y ne font-ils pas la même chose? Combien de mes amis masculin monopolisent avec passion leur cuisine dès qu’ils en ont l’occasion? Presque tous en réalité.

Faire les boutiques? Même scénario. Les hommes de ma vie, d’ailleurs, ont toujours eu davantage le goût du magasinage que moi-même.

Décoration? Enfants?… Écoutez… de nos jours, autant les hommes que les femmes nourrissent des penchants prononcés pour ce qui, hier, était l’exclusivité des descendantes de Vénus. En contrepartie, la route des idées, qui a longtemps été le terrain de la catégorie mâle, a été envahie par une horde de femmes jeunes et vieilles ayant le désir ardent de participer aux débats sociaux. Surtout, elles le font avec conviction et distinction, et cet apport féminin enrichit toutes les sphères idéologiques.

La pensée ne rime plus uniquement avec masculinité. Les gens de mon sexe ont de grandes préoccupations, qu’elles soient politiques, économiques, écologiques, technologiques, sociales et, bien sûr, philosophiques.

Pourquoi donc, alors, étiqueter encore un genre qui se bat depuis si longtemps pour l’égalité?

FB