Archives du Tag: femme

Poème de Marceline Desbordes-Valmore

Je veux vous présenter un texte de Marceline Desbordes-Valmore, grande et brillante poétesse du 17e siècle. Cette femme a un parcours fascinant. Allez le découvrir!

Être femme et artiste à la fois fut, pendant longtemps, considéré comme profondément marginal. Imaginez à cette époque. Et pourtant cette femme s’est méritée la reconnaissance et le respect de ses pairs. Magnifique!

(D’ailleurs, Julien Clerc en a fait une fort jolie chanson.)

Bonne lecture! Et bonne écoute aussi…

F.B.

Les séparés

N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre.
les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre,
Et frapper à mon coeur, c’est frapper au tombeau.
N’écris pas !

N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes
Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi, si je t’aimais!
Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.
N’écris pas !

N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N’écris pas !

N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire:
il semble que ta voix les répand sur mon coeur;
Que je les vois brûler à travers ton sourire;
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon coeur
N’écris pas !

Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859)

poèmes de Marceline desbordes-Valmore

Blogues féminins, dites-vous?

Il semble que les blogues féminins soient bien spécifiques.

Que pensez-vous des préoccupations des femmes d’aujourd’hui? Croyez-vous que le vaste monde de la réflexion sociale ou politique est un territoire réservé aux hommes?

Décidément, les mentalités n’évoluent pas très rapidement.

Michelle Blanc, dans son billet du jour, traite avec doigté du sujet des femmes qui bloguent, en lien avec le prix Elle-Wikio. Très intéressant. Allez y jeter un coup d’œil, ça vaut la peine de lire aussi les commentaires associés au billet. Personnellement, ça m’a fait réagir, voici donc le pourquoi de mon billet du jour.

Je me demande comment il est possible que, encore en 2008, l’idée de la femme soit associée uniquement à des thématiques telles que: cuisine, déco, mode, shopping, bébés. Je suis une femme, alors je suis assez bien placée pour savoir que nous ne sommes pas QUE ça!

Comme les autres, je suis coquette, j’aime la féminité et j’aime la mettre en valeur. Pourtant, de nos jours, nombres d’hommes – catalogués métro sexuels par je ne sais qui – ont découvert ce goût assumé pour la coquetterie. Aussi, comme toutes les femmes, j’aime faire la cuisine, je lis des magazines de recettes, je regarde Daniel Pinard et achète Ricardo. Pendant ce temps, nos chromosomes Y ne font-ils pas la même chose? Combien de mes amis masculin monopolisent avec passion leur cuisine dès qu’ils en ont l’occasion? Presque tous en réalité.

Faire les boutiques? Même scénario. Les hommes de ma vie, d’ailleurs, ont toujours eu davantage le goût du magasinage que moi-même.

Décoration? Enfants?… Écoutez… de nos jours, autant les hommes que les femmes nourrissent des penchants prononcés pour ce qui, hier, était l’exclusivité des descendantes de Vénus. En contrepartie, la route des idées, qui a longtemps été le terrain de la catégorie mâle, a été envahie par une horde de femmes jeunes et vieilles ayant le désir ardent de participer aux débats sociaux. Surtout, elles le font avec conviction et distinction, et cet apport féminin enrichit toutes les sphères idéologiques.

La pensée ne rime plus uniquement avec masculinité. Les gens de mon sexe ont de grandes préoccupations, qu’elles soient politiques, économiques, écologiques, technologiques, sociales et, bien sûr, philosophiques.

Pourquoi donc, alors, étiqueter encore un genre qui se bat depuis si longtemps pour l’égalité?

FB