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À propos du silence

Le silence me fait du bien. Dans cette existence où nos sens sont sollicités à chaque instant, je ressens souvent le besoin de me lover dans ma coquille, pour écouter mes propres sonorités. Dans le processus d’écriture, c’est absolument nécessaire de prendre de la distance, de se taire, pour mieux recouvrer l’usage de la parole. C’est ce que je suis en train de faire. Parfois les idées sont nourries par l’action, mais en ce moment elles se mettent en place dans le calme de mon univers intérieur.

Longtemps je me suis pris la tête à chaque fois que le silence s’imposait à moi. Je croyais que les mots ne reviendraient jamais si je les laissait s’éloigner. Je ne savais pas à cette époque que les mots sont comme les gens, qu’il faut leur offrir la liberté pour que puisse s’exprimer le meilleur d’eux-même. Je cherchais à ce moment à les retenir alors qu’ils ne voulaient plus rien dire. Jusqu’au jour où j’ai compris que le processus créatif est comme le ressac de la mer, qu’il suit un rythme d’allers et de retours entre le mouvement et l’arrêt, entre l’abondance et la rareté, entre la présence et le retrait.

À l’intérieur de cette vague continuelle qui représente ma création, je me situe en ce moment au stade où l’eau quitte le sable pour retrouver la mer, juste avant de reprendre son souffle pour pousser de toutes ses forces vers l’avant. Le silence est souverain, le calme prend toute la place. Une certaine plénitude m’envahit, car je sais aujourd’hui que rien ne cesse réellement, que la vie nous ramène toujours à l’essentiel, et que ce qui est ancré à l’intérieur de soi ne meurt jamais.

Les mots jonchent les pourtours de ma route, nous nous sommes choisis il y a fort longtemps, et cet amour réciproque que nous nous prodiguons m’apporte le courage d’avancer toujours davantage sur la route qui est la mienne. Et le silence? ce n’est que des mots qui se taisent…

Manifeste pour la vie

L’univers est immense et nous sommes des insectes

On se donne tant d’importance, on dirait une secte

On fait de nos vies une routine ennuyante

L’essentiel de la vie, on le garde à distance

Je ne sais pas si c’est ainsi qu’il faut aller son chemin

Je ne sais pas mais, vu d’ici, cela me semble vain

Il me semble qu’il y a tant à vivre et à savourer

Je ne peux me résoudre à cette course effrénée

Je veux goûter les saveurs qui parcourent le monde

Je veux laisser s’exprimer les paroles qui m’inondent

Il y a des beautés partout sur notre passage

Il suffit simplement d’en saisir les images

J’ai envie d’instant plus grands que nature

Je ne veux pas être aux prises avec une armure

Il y a dans mon coeur une soif de vivre

Qui m’insuffle le bonheur, et parfois me rend ivre

Souvent je me sens comme une extra-terrestre

Trop consciente que je suis de la grandeur céleste

Je suis fascinée, c’est vrai, par le mystère de l’existence

Et cette pensée me talonne jusque dans mon essence

C’est pourquoi je me dis que cette vie si courte

Ne peux se résumer à ” J’en ai rien à foutre! “

Le boulot, les paiements, les tâches ménagères, d’accord

Mais aller au bout de soi c’est le plus bel effort…

F.B.

L’inspiration De Beauvoir comme moteur de réflexion

“Il faut considérer la vie comme une partie que l’on peut gagner ou perdre”

- Simone de Beauvoir

C’est une phrase toute simple que j’ai noté, un soir que je fouillais parmi des milliers de citations à la recherche d’une flamme pour m’éclairer. Une phrase sur laquelle je ne me suis pas trop arrêtée sur le coup. Je me suis contentée de la copier dans un fichier, puis l’ai laissé dormir.

Les jours sont passés et j’oubliai la phrase. Puis, soudain, j’ouvris par inadvertance le fichier et me plongeai dans ces paroles qui avaient trouvé écho en moi. C’est ainsi que les mots de Simone s’imprimèrent dans ma tête avec fracas, et que ma réflexion sur l’idée du bonheur prit son envol. Et c’est par ces mots que je décidai d’entamer une grande quête de bien-être, non pas comme une panacée mais comme une fin, comme un état physique et psychique provoqué par le désir féroce d’aller au bout de soi.

Car je crois en effet que la vie a tout du jeu, et que le résultat ne dépend que de notre manière d’aborder la partie. Je crois aussi que les habitudes se prennent plus rapidement qu’elles se perdent, et qu’il faut user autant de volonté que d’optimisme pour que le chance soit de notre côté.

La propension à être heureux, même si elle est innée, peut fort bien se transformer en désarroi si les écueil s’accumulent sur notre chemin. Et si, d’emblée, une personne ne semble pas prédestinée à une vie heureuse, il est fort possible que cette même personne accède à une certaine forme de sérénité s’il elle est dotée d’une nature le moindrement déterminée.

Partant de cette thèse,  j’ai pensé que, peut-être, à force d’épreuves et de douleurs, j’avais abdiqué, et ce à mon propre insu. Soudainement j’entrevoyais la vie comme une partie que j’allais perdre d’une manière ou d’une autre, et cela influençais chaque instant de mon existence. À trop broyer de noir, je ne savais plus voir le moindre éclat de lumière.

C’est donc de cette manière que se sont déroulés les premiers instants de ce questionnement, dont le but premier est en fait de tester différentes approches pour modifier mes propres mécanismes de réflexion, d’introspection, de protection. Surtout, l’idée derrière tout ça est de trouver de bons outils pour évoluer dans ce monde afin d’avoir le sentiment, en bout de course, d’avoir remporté la partie.

Gagner pour moi, ce serait d’user de toute ma durée avec appétit, émerveillement et reconnaissance. Ce serait aussi de rester attentive à ce que le monde offre généreusement à nos âmes errantes.

En ce jour 3 de mon “entraînement”, je peux affirmer que je me sens davantage comme une gagnante que depuis de forts longs mois. Par-dessus tout, je suis résolue à poursuivre sur cette belle voie.

À suivre…

F.B.

Bonheur, tu ne paies rien pour attendre!

Ma dernière pensée avant de me coucher concernait le bonheur, du moins la définition que l’on peut s’en faire.

Puis j’ai appuyé sur la touche stop de mon lecteur.

On le cherche, on le pleure, on en est nostalgique, on court après comme des lions en cages… non mais qu’est-ce donc que cette folie de vouloir être heureux à tout prix, selon des buts tous plus illusoires les uns que les autres?

Je me suis rappelée à quelle adresse il logeait, ce vilain coquin. Et je me suis fait une promesse, que je compte bien tenir. Pour les deux prochains mois, je m’entraînerai rigoureusement à être heureuse, de la manière la plus simple qui soit: en m’exerçant à apprécier férocement l’instant avec tout ce qu’il porte. Car je crois bien que le bonheur nécessite une rigoureuse discipline, laquelle me fait tristement défaut jusqu’à maintenant: je ne suis pas constante!

Alors voilà l’objectif: prendre à bras le corps les menus détails de l’existence pour les transformer en moments de plénitude. Reconditionner mon rusé cerveau, qui a prit la sale habitude de se jouer de moi à l’occasion en me laissant glisser vers des versants plus sombres. Goûter ce que le jour recèle de doux et de chaud.  Apprécier ce qui est, en chassant l’angoisse et les regrets. Vivre quoi.

Puisque le bonheur n’arrive pas seul, j’irai donc le chercher!

Bonne journée!

F.B.

De l’espace, du temps et de la tranquilité

Que faut-il pour savourer cette existence avec ce qu’elle porte de meilleur ? Bien sûr tout dépend de chacun. Nous vibrons de manière différente, dépendamment de l’endroit où nous vivons, de la famille dont nous sommes issus, de la classe de travailleur à laquelle nous appartenons, etc. Mais n’y a-t-il pas un lieu commun, universel, à nos aspirations profondes ?

Dans notre société qui s’active en une course effrénée, où les mégapoles débordent de toute part, où le calme et le silence fait souvent défaut, le Graal convoité prend l’allure de problèmes métaphysiques pour beaucoup d’entre nous.

Mais de quoi avons nous, tous autant que nous sommes, le plus besoin ?

Je nous souhaite, pour 2009, ces baumes délicieux à l’existence qui trop souvent viennent à manquer.

Je nous souhaite des lieux vastes, où l’espace ne souffre pas de rareté, autant au propre qu’au figuré : de l’espace autour de soi, de l’espace au coeur de soi.

Je nous souhaite du temps à outrance, sans calcul et sans course contre la montre. Du temps pour tout ce qui est important, du temps pour ces milliers de petites choses que l’on néglige lorsqu’il nous fait défaut.

Je nous souhaite surtout de la tranquillité. Pas dans le sens de platitude, dans le sens de plénitude. Car lorsque le calme s’installe à l’intérieur de l’Homme, de belles choses ne tardent jamais à éclore…

Bonne année 2009 à vous tous chers amis! Que la vie dépose à votre porte ce que vous désirez ardemment.

F.B.

La difficulté d’être

Jean Cocteau écrivait, en 1947, ce livre très beau où il faisait constat de cette quête identitaire inhérente à chacun de nous:  “La Difficulté d’Être”.

Pourtant, cet homme aux multiples talents, en apparence, avait tout pour être heureux. Prolifique, tout ce qu’il touchait se transformait en perles de beauté. Son oeuvre est magistrale et ses médiums multiples. Il représentait ce que je considère être un artiste profondément accompli. Sa vie fut riche et pleine, marquée par des rencontres fortes avec les artistes de sa génération. Il a influencé le monde des arts à plusieurs niveaux: littérature, théâtre, cinéma, dessin, graphisme.

Hors, son questionnement existentiel fut sans relâche.

Il semble que le fait de se dépasser, de révéler sa propre créativité, ne puisse nous immuniser à la puissance du doute identitaire. J’ose même penser que pour ces gens allumés, influents, épris de liberté autant que de réalisation, les bouleversements  intérieurs fournissent davantage d’épreuves. Sans doute parce que, connectés sur un flot continu de remises en question via leur démarche artistique, ces gens se retrouvent forcément interpellés par les questions philosophiques, l’art n’étant jamais trop éloigné de cette école.

D’une manière ou d’une autre, tous nous sommes pris avec l’incertitude, l’inconstance, l’instabilité, à plus ou moins grande échelle. Ne serait-ce que par rapport à notre image: celle que nous projetons ou croyons projeter, versus celle que les autres perçoivent ou croient percevoir. Être soi est sans aucun doute l’entreprise la plus ardue de toute existence. Se définir en tant qu’être humain demande une vie entière. Et encore. Saurons-nous vraiment, à la toute fin de notre parcours, qui nous sommes? Y aura-t-il un moment où l’hésitation ne définira plus notre démarche sur cette route escarpée de la quête de soi?

Il semble qu’il ne suffise pas d’accomplir de grandes choses pour obtenir plus de certitudes que les autres. À la lumière de ce constat, il m’apparaît évident qu’une vie humaine riche et nourrissante passe obligatoirement par la recherche de cette pierre philosophale mythique bien enracinée dans notre imaginaire collectif. Et ce tâtonnement incertain est, sans nul doute, aussi intemporel qu’universel.

FB