Archives du Tag: cinéma

Woody le sage…

Woody Allen a l’habitude de nous offrir des perles de sagesse qui flirtent délicieusement avec l’absurde. Voici celle du jour.

” Tant que l’homme sera mortel, il ne sera jamais décontracté.”

Ne vous demandez donc pas pourquoi vous êtes stressé!

Bonne journée!

F.B.

Pascale Ferland à la Maison de la Culture de RDL

Mardi 16 décembre, le froid est de retour, c’est le coeur un peu lourd que je m’en vais voir le documentaire de cette jeune cinéaste, pour la dernière soirée, avant Noël, des Projections Cinédit. Pourtant j’aime profondément ces soirées cinéma différentes qui ont lieu dans ma petite ville de Rivière-du-Loup. Hors la tête y était à moitié avant de partir, puis j’ai dû me botter solidement les fesses.

Comme il fallait s’y attendre, je n’ai pas été déçue du visionnement. Le film de Pascale Ferland est empreint de tendresse envers son personnage, les images d’archives ravissent la mémoire- particulièrement celles cinématographiques. Voici le lien si le film vous intéresse davantage.

http://www.quivivraverrafilms.com/index-fr.html

Ce qui m’a le plus charmé, c’est l’énergie de la sympathique documentariste. La vivacité de ses réponses, toutes gorgées de la passion qui semble l’animer, m’a fait l’effet d’un vent de fraîcheur dans ma tête et, bien qu’il n’y ait pas une foule aussi dense qu’à d’autres projections, j’ai senti que les autres spectateurs percevaient aussi cette chaleur.

J’aime toujours écouter parler ces créateurs dont l’esprit bouillonne et la peau frissonne. Je trouve ça beau cette passion viscérale pour l’expression de ses idées. Aussi je le comprends. Je n’en suis peut-être pas encore rendu là, mais il reste que je suis continuellement dans un mode créatif depuis quelques temps, par l’écriture bien sûr, et que cela me fait du bien. Tant de bien d’ailleurs que les gens autour de moi le remarquent, me le disent. Je n’ai jamais autant reçu de compliment que depuis six mois. La création rend plus beau je pense. En tout cas, si je le perçois chez mes semblables, l’équation est aisée.

Tout ça pour dire que je n’ai pas regretté d’être sortie de chez moi pour me rendre à ce rendez-vous. Je tiens à dire à quel point je salue l’initiative des Projections Cinédit. Aller à ces soirées, c’est donner sa main à quelqu’un qui nous emmène ailleurs, dans des lieux que, parfois, nous n’aurions pas choisi d’aller. Le documentaire, en lui-même, nous pousse à se questionner. Puis le traitement fait toute la différence. Comme ce portrait de René Bail que nous a présentée Mlle Ferland, tout en nuance, et comme en forme d’entonnoir pour se rendre jusqu’au coeur de l’homme.

La difficulté d’être

Jean Cocteau écrivait, en 1947, ce livre très beau où il faisait constat de cette quête identitaire inhérente à chacun de nous:  “La Difficulté d’Être”.

Pourtant, cet homme aux multiples talents, en apparence, avait tout pour être heureux. Prolifique, tout ce qu’il touchait se transformait en perles de beauté. Son oeuvre est magistrale et ses médiums multiples. Il représentait ce que je considère être un artiste profondément accompli. Sa vie fut riche et pleine, marquée par des rencontres fortes avec les artistes de sa génération. Il a influencé le monde des arts à plusieurs niveaux: littérature, théâtre, cinéma, dessin, graphisme.

Hors, son questionnement existentiel fut sans relâche.

Il semble que le fait de se dépasser, de révéler sa propre créativité, ne puisse nous immuniser à la puissance du doute identitaire. J’ose même penser que pour ces gens allumés, influents, épris de liberté autant que de réalisation, les bouleversements  intérieurs fournissent davantage d’épreuves. Sans doute parce que, connectés sur un flot continu de remises en question via leur démarche artistique, ces gens se retrouvent forcément interpellés par les questions philosophiques, l’art n’étant jamais trop éloigné de cette école.

D’une manière ou d’une autre, tous nous sommes pris avec l’incertitude, l’inconstance, l’instabilité, à plus ou moins grande échelle. Ne serait-ce que par rapport à notre image: celle que nous projetons ou croyons projeter, versus celle que les autres perçoivent ou croient percevoir. Être soi est sans aucun doute l’entreprise la plus ardue de toute existence. Se définir en tant qu’être humain demande une vie entière. Et encore. Saurons-nous vraiment, à la toute fin de notre parcours, qui nous sommes? Y aura-t-il un moment où l’hésitation ne définira plus notre démarche sur cette route escarpée de la quête de soi?

Il semble qu’il ne suffise pas d’accomplir de grandes choses pour obtenir plus de certitudes que les autres. À la lumière de ce constat, il m’apparaît évident qu’une vie humaine riche et nourrissante passe obligatoirement par la recherche de cette pierre philosophale mythique bien enracinée dans notre imaginaire collectif. Et ce tâtonnement incertain est, sans nul doute, aussi intemporel qu’universel.

FB