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Pour une heure de douceur

Dans la plaine étrange de mon ivresse

J’ai vu des éclats de feu jaillir de toute part

Il y avait le vent pour soulever ma peine

Et une bruine dense pour laver mes larmes

J’ai marché, j’ai couru, sans me retourner

Les herbes hautes se penchaient à mon passage

Le ciel immense tout de nuages chargé

Faisait place en douceur à des teintes d’orange

Ainsi le temps se laissait gagner par une paix exquise

Les mots, soudain, devenaient inutiles

Seule une chaleur insistante comblait chaque vide

Seule une foi naissante bruissait dans les feuillages

Et mon coeur, jadis désert, se gorgeait de saveurs

Mes yeux n’en finissaient plus de saisir les images

Un brasier de caresses descendait mon échine

C’est toute ma peau qui abandonnait le doute et la rage

Un goût de miel sur mes lèvres persistait

Des senteurs de trèffle harcelaient mes narines

De tous mes sens, je me lovai avec cet air suave

Et laissai la torpeur dormir dans sa cage.

F.B.

Un pas à la fois

Regarde comme le monde est vaste

et pourtant si près de toi à chaque pas

Regarde combien il faut de courage

pour poser le pied sur le sol au petit matin

Cette quête effrénée de l’existence n’a de sens

que celui que tu lui donnes

 

Parfois le brouillard alentour se fait si dense

que tes yeux n’y voient plus rien

 

Regarde au loin l’avenir qui se dessine

traçant de grandes lignes dans toutes les directions

et puis regarde un peu derrière toi le tracé de tes sillons

cette route étrange qui porte ton nom

qui porte ton âge et tout ton bagage

 

Regarde, et surtout regarde bien

même transi devant l’incertain

cette soif qui t’habite et demande sa délivrance

Regarde sans craindre le mouvement, le battement

de cette source qui coule sous ta peau

Regarde toute cette eau

comme un fleuve majestueux qui descend vers la mer

comme un torrent fougueux creusant son lit dans la terre

 

Regarde longuement, ne ferme pas les yeux

Ouvre ton œil comme au premier jour

Regarde la vie qui suit son cours

puis avance, fais un seul pas

ne regarde plus ce qui reste derrière toi

 

Si ton pas est ferme, avance à nouveau, tu verras

Rien ne tombe, rien ne s’arrête, tout est là

mille bras s’ouvrent à ton passage

la lumière te suit à mesure que tu progresses

Vas ton chemin, fonce vers demain

Regarde bien comme il te sourira

 

Vas-y marche et ne recule devant rien

si le doute t’assaille, n’écoute pas ses propos

si la peur te gagne cherche à l’apprivoiser

puis continue, toujours, sans trop t’arrêter

vas voir ce qu’il y a de l’autre côté

de ce que tes yeux refusent de voir

de ce que ton cœur ne sait plus croire

 

Un pas à la fois, jamais davantage

sur cette route aux mille visages

Et quand ton pas sera ferme et assuré

tu sentiras sur ta peau un souffle léger

Ce sera ton salut, doux et enveloppant

comme seule peux le faire la caresse du vent


F.B.