Dans la plaine étrange de mon ivresse
J’ai vu des éclats de feu jaillir de toute part
Il y avait le vent pour soulever ma peine
Et une bruine dense pour laver mes larmes
J’ai marché, j’ai couru, sans me retourner
Les herbes hautes se penchaient à mon passage
Le ciel immense tout de nuages chargé
Faisait place en douceur à des teintes d’orange
Ainsi le temps se laissait gagner par une paix exquise
Les mots, soudain, devenaient inutiles
Seule une chaleur insistante comblait chaque vide
Seule une foi naissante bruissait dans les feuillages
Et mon coeur, jadis désert, se gorgeait de saveurs
Mes yeux n’en finissaient plus de saisir les images
Un brasier de caresses descendait mon échine
C’est toute ma peau qui abandonnait le doute et la rage
Un goût de miel sur mes lèvres persistait
Des senteurs de trèffle harcelaient mes narines
De tous mes sens, je me lovai avec cet air suave
Et laissai la torpeur dormir dans sa cage.
F.B.