Archives du Tag: beauté

Lumière d’ivresse

L’ivresse nouvelle diffuse ses effluves

Le renouveau des sens

complètement à l’affût

Le parfum du silence

s’enlise sous la peau

Il n’y a plus de sens qui ne résiste à l’esprit

Tout se libère, s’enfuit

vole dans le monde

vole dans la nuit

jusqu’à s’essouffler

Tout s’envole ailleurs

dans le souffle intérieur

de la vie qui s’ébat

guidée par une seule loi

Celle qui oblige le monde

à renaître de ses cendres

chaque fois

que le navire s’échoue

La loi qui fuse de partout

racontant le monde, racontant la beauté

suspendus sous nos pieds

La vie est une bête étrange

Ses fruits sont une terre immense

aveuglante de lumière.

Manifeste pour la vie

L’univers est immense et nous sommes des insectes

On se donne tant d’importance, on dirait une secte

On fait de nos vies une routine ennuyante

L’essentiel de la vie, on le garde à distance

Je ne sais pas si c’est ainsi qu’il faut aller son chemin

Je ne sais pas mais, vu d’ici, cela me semble vain

Il me semble qu’il y a tant à vivre et à savourer

Je ne peux me résoudre à cette course effrénée

Je veux goûter les saveurs qui parcourent le monde

Je veux laisser s’exprimer les paroles qui m’inondent

Il y a des beautés partout sur notre passage

Il suffit simplement d’en saisir les images

J’ai envie d’instant plus grands que nature

Je ne veux pas être aux prises avec une armure

Il y a dans mon coeur une soif de vivre

Qui m’insuffle le bonheur, et parfois me rend ivre

Souvent je me sens comme une extra-terrestre

Trop consciente que je suis de la grandeur céleste

Je suis fascinée, c’est vrai, par le mystère de l’existence

Et cette pensée me talonne jusque dans mon essence

C’est pourquoi je me dis que cette vie si courte

Ne peux se résumer à ” J’en ai rien à foutre! “

Le boulot, les paiements, les tâches ménagères, d’accord

Mais aller au bout de soi c’est le plus bel effort…

F.B.

Poème de Marceline Desbordes-Valmore

Je veux vous présenter un texte de Marceline Desbordes-Valmore, grande et brillante poétesse du 17e siècle. Cette femme a un parcours fascinant. Allez le découvrir!

Être femme et artiste à la fois fut, pendant longtemps, considéré comme profondément marginal. Imaginez à cette époque. Et pourtant cette femme s’est méritée la reconnaissance et le respect de ses pairs. Magnifique!

(D’ailleurs, Julien Clerc en a fait une fort jolie chanson.)

Bonne lecture! Et bonne écoute aussi…

F.B.

Les séparés

N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre.
les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre,
Et frapper à mon coeur, c’est frapper au tombeau.
N’écris pas !

N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes
Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi, si je t’aimais!
Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.
N’écris pas !

N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N’écris pas !

N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire:
il semble que ta voix les répand sur mon coeur;
Que je les vois brûler à travers ton sourire;
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon coeur
N’écris pas !

Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859)

poèmes de Marceline desbordes-Valmore

De ce monde insondable

La quête de l’existence est immense et les réponses insaisissables

À chaque pas l’esprit est éveillé par des milliers de détails

De dilemme en dilemme nous marchons à tâtons

Nous construisons et détruisons les murs de notre propre prison


 

Il y a tant à saisir dans ce foisonnement infini de beauté

C’est la peur qui chavire à force de chercher

Plus que tout la crainte de passer à côté de l’essentiel de la vie

Ainsi que le doute perpétuel d’avoir su prendre le bon parti


 

Le monde est riche, débordant de trouvailles qui allument notre curiosité

L’empreinte de nos pas témoigne de cette course effrénée

Il est si ardu de trouver le sens réel de cette quête

Pourtant il est aussi vain de toujours se prendre la tête


 

Parfois l’abandon et le relâchement prodiguent les plus savoureuses richesses

Suffit simplement de peser fermement sur le frein pour faire place à la paresse

Aussi faut-il mettre le bâillon à notre venin intérieur

Celui qui fait courir sans fin le doute et la peur


 

 

 

Il n’y a de pire ennemi que notre propre part d’ombre

Ses mots sont un poison agissant sur nos ondes

Si nous écoutons un seul instant ses propos comme un reflet de la vérité

Ça y est, c’est foutu, nous allons vaciller puis nous effondrer


 

De l’autre côté de ce monde de ténèbres existe celui de la lumière céleste

Elle agit sur nous comme une berceuse chantée à notre oreille en déroute

Elle chasse d’un seul geste toute crainte et tout doute

 

Nous n’avons qu’à poser un regard tendre sur la vie qui s’ébat

Pour capter sa musique comme la plus belle des voix.


F.B.

Entraînement “bonheur”: la démarche

Voilà déjà une semaine que je suis en mode “action” en ce qui a trait à mes enthousiastes aspirations, et le constat, pour l’heure, est assez positif. Je crois que je suis aussi en train de développer des trucs, des techniques efficaces pour savourer le temps qui passe, et force est de reconnaître que ça marche. L’idée, c’est de ne pas me complexifier la tâche en me demandant des choses que je ne serais pas en mesure de réaliser à long terme. Voici donc le topo de ma remise en forme spirituelle.

Le plus important, c’est le lever. Tôt, le plus tôt possible, sans trop chambouler mon rythme biologique non plus. J’ai remarqué qu’il m’était aisé de me lever entre 6h et 6h30 sans en souffrir en aucun moment, même le soir, car je suis une couche tard. Je ne pouvais pas, drastiquement, me mettre à aller au lit à 21h30, ce serait contraire à ma religion. Et puis j’ai aussi constaté que je pouvait facilement couper un tantinet mes heures de sommeil sans ressentir de fatigue le moins du monde.  Le cadre du coucher est donc situé autour de 23h, sans dépasser 23h30.

Ensuite, je me fais un devoir de marcher autant qu’il m’est possible de le faire. Pour aller au travail, cela va de soi, mais j’ai adopté un pas de marche plus rapide, et donc plus exigeant, et ça fait du bien. En bout de journée, ça me fait 40 minutes de marche. La fin de semaine, il y a une journée libre, et une autre consacrée à une sortie extérieure, si possible en raquette, sinon à pieds.

Le troisième point réellement important est au niveau de l’alimentation. Bien manger, c’est à dire me nourrir avec de bons aliments, prendre des collations le matin et l’après-midi qui m’offrent un bon support. Venir dîner à la maison plutôt qu’au resto. Prendre un déjeuner, même s’il est frugal pour cause de manque d’appétit le matin. De là l’apport de la collation matinale!

Pour le reste, j’essaie de contrôler le flot de pensées qui m’assaillent, en évitant de verser dans le négatif. Je m’offre un maximum de petits bonheurs quotidiens: écouter la radio, lire, faire des mots croisés, rigoler avec les collègues et les clients, écrire mon blogue, contempler la vue du fleuve, apprécier la lumière du jour, etc.

Par-dessus tout, je m’oblige à entrevoir l’avenir d’un oeil ravi, et m’efforce de croire à la réalité de ce bonheur tant convoité.

Bien sûr, c’est un “work in progress”. C’est toute la beauté de la chose. Mais j’ai davantage confiance en ma réussite à mesure que les jours passent. Il ne suffit que de maintenir le rythme, et d’ailleurs cette cadence me plaît déjà.

Allez, je file. Y’a du bonheur à saisir aujourd’hui!

F.B.

Retrouver un texte enfoui dans l’oubli

J’avais 17 ans à l’époque où j’ai lu ce texte pour la première fois. C’était ma première année de Cégep, et je me passionnais pour toute découverte littéraire. Aussi avais-je avoué mon amour des mots à l’un de mes professeurs, lequel s’avérait être un inconditionnel de la parole écrite sous toutes ses formes.

Un jour il m’offrit ce texte à lire. Un feuillet magnifique, beau et dur à la fois. Un propos criant de lucidité et de désillusion. L’auteur, un suédois, fut considéré à son époque comme l’un des plus brillant écrivain de sa génération. Aussi était-il aux prises avec un profond mal de vivre, qui se solda en un suicide à l’âge de 31 ans.

Dernièrement, je suis allée chercher des livres à la bibliothèque, et en fouillant dans les rangées à travers mille et un titres, mes yeux se posèrent tout à coup sur ces pages empreintes de détresse, pages que je n’avais plus lues depuis 15 ans maintenant.

On ne fait pas la même lecture à 17 ans qu’à 32, bien sûr, et lorsque je me replongeai dans ces mots, je pus enfin entendre, je crois,  le réel propos de cet homme terrassé par la douleur, un mal sourd et pourtant profond qui s’avéra totalement autodestructeur.

Mais il n’en demeure pas moins que le dit texte possède de grandes qualités littéraire et poétiques, et le constat malheureux de l’auteur, grâce à sa prose remarquable, ne réussit pas à nous décourager. Car la force des mots réside justement dans ce savant dosage de tragique dans le propos et de poésie dans la forme, ce qui aboutit à un livret d’une rare sensibilité, beau et terrible à la fois.

Prenez 15 minutes de votre temps pour aller le lire… imprimez-le surtout, et peut-être, dans 15 ans, vos yeux se poseront-ils à nouveau sur ces pages et en ferez-vous une lecture totalement nouvelle… pour votre plus grand bonheur!

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

Stig Dagerman, 1923-1954

F.B.

Autofiction en image

Ça y est. J’arrive au point de non-retour. Je regarde derrière et n’y perçois rien. Ma tête opère un 180°, mon visage tombant en direction du Néant. Où suis-je ? Je ne fais plus la différence entre le réel et l’abstrait, le palpable et l’intouchable. J’ai perdu tous mes repères. Je suis en fuite à l’intérieur de ma vie. Tant de choses sont passées par-dessus bord que je ne trouve plus mon identité dans le lot. Pourtant je m’obstine à chercher, à tâtons, une prise sur ma vie. Mes mains se retrouvent en apesanteur quelque part dans le grand Rien. Devant moi apparaissent mille chemins.

J’aurais aimé arriver ici un peu plus tôt, et cette pensée m’assaille avec tant de vigueur que j’en ai le vertige. Beaucoup de détours s’accumulent derrière moi, mon sillon est sinueux et inégal. Dans ce parcours existent de grandes allées bordées de saules majestueux, alors qu’en d’autres endroits le sentier est si touffu, car envahi par la végétation, que l’on peine à y trouver sa voie.

Hier la mort possédait encore quelque attrait à mes yeux. Étrangement aujourd’hui je souris devant ce tableau si complexe ou les flous dominent l’espace. Je ne retournerai plus là d’où je viens. Ardemment j’avancerai en ces vastes terres nouvelles, afin de m’y retrouver pour de bon. Par bonheur, je peux compter sur une boussole, dûment acquise lors de mémorables et déterminantes rencontres. Les miens, dispersés aux quatre coins de ce monde, accueillent mon entrée avec tant d’émoi que j’en suis regaillardie. De loin je leur fait un signe en guise de remerciement et poursuis ma quête.

Bientôt la Baraka. Regardez-moi qui arrive et ne crains pas d’avancer. Un souffle suave se glisse sur mon dos et me pousse en douceur. Mes mains contiennent toute la tendresse du monde. Je suis soulagée. Il existe donc des beautés que j’ignorais encore. Et elles sont devant moi. FB