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Se mettre en danger lors de l’expérience créatrice

Je suis fébrile, toujours davantage à mesure que je m’approche de samedi le 28 mars prochain. Car je vais tenter à ce moment une expérience toute nouvelle de création, lors d’une soirée où un musicien et une peintre se mettrons à nu, comme moi, avec leur médium.

Le Festi-Jazz en tournée organise un souper bénéfice pour L’École de Musique de Rivière-du-Loup. En effet, l’organisme ramasse des fonds pour la construction de ses prochains locaux, sur le terrain adjacent au Centre Culturel. Le concept est splendide, et, si je ne m’abuse, l’idée vient de Martin Roussel, le jazzman chevronné qui se commettra ce soir-là.

Donc, il s’agit d’un souper pendant lequel le jazz sera à l’honneur, il va sans dire. Le tout se déroulera à L’Hôtel Lévesque, sur la rue Fraser. Les convives auront l’occasion de manger au son de la musique de M. Roussel, suivi de quelques pièces avec l’ensemble de Jazz vocal de cette même école, supervisé par Marie-Maude Viens.

La soirée, animée par Youri Blanchet, se veut grand public et conviviale. Et elle a aussi pour but de mettre en valeur la création sous toutes ses coutures, mêlant les disciplines dans un grand happening de fin de soirée. Ainsi, suite au repas, les artistes entreront en scène afin de se livrer à un rigoureux exercice  de création spontanée pour une durée d’une heure et quart environ. Pendant que Martin Roussel improvisera au piano, Myriam DeLorimier se penchera sur une toile vierge avec ses couleurs, ses pinceaux et ses mains, alors que moi-même serai installée devant un portable qui projettera sur écran les mots écrits à mesure. Les gens dans l’assistance pourront suivre l’évolution du travail à mesure qu’il avance, et donc auront une expérience directe de création avec nous. Ils verront nos hésitations, nos élans, nos erreurs. Et cela est fascinant!

Par la suite, un encan silencieux sera lancé pour l’achat de la toile, et l’argent ramassé ira directement au fonds de L’École de Musique. De mon côté, je ferai une lecture du texte pondu pendant l’exercice, dont j’ignore encore totalement à quoi il ressemblera!

Je n’ai jamais tenté une telle expérience auparavent, mais cette idée me donne des ailes. J’aime aller mettre le nez là où je ne suis jamais allée. J’aime le sentiment de se mettre en danger. Comme dans cette phrase: ” De deux chemins qui s’offrent à toi, prends celui qui te fait le plus peur”. Oui, il y a là quelque chose d’effrayant, et de terriblement attirant à la fois. Cette sensation est irremplaçable quand il est question de se sentir vivant.

Pour les intéressés à l’aventure, le coût du billet est de 50$, comprenant un cocktail et un souper gastronomique,  et vous pouvez l’acheter à L’Hôtel Lévesque  au 418-862-6227 ou à L’École de musique au 418-862-9532. La soirée débutera à 18h et se prolongera jusqu’à environ 22h30.

Peut-on encore rire de soi?

Vous avez sans doute suivi, de près ou de loin, le tapage médiatique autour de l’affaire Bye Bye. Je ne rajouterai aucun commentaire ou critique sur l’émission de fin d’année en elle-même, car déjà beaucoup trop de salive a coulé, à mon sens, au sujet de la qualité ou de la non qualité du produit fini.

Cependant, toute cette tempête m’a fait me questionner au sujet de la validité d’une telle hystérie collective. Ne parle-t-on pas d’une simple revue de l’année comme nous en avons vu à chaque 31 décembre depuis des décennies ? Nous n’avons pas toujours aimé, c’est vrai. Parfois ce fut vraiment très bon, c’est vrai aussi. N’est-il pas également vrai que le ton irrévérencieux a TOUJOURS été de mise, avec ou sans goût ?

Qu’on aime ou qu’on aime pas, l’ampleur donnée à l’événement est démesurée et, effectivement, surréaliste. Depuis quand doit-on prendre le Bye Bye pour du cash d’ailleurs ? L’idée de la chose, c’est complètement l’inverse ! L’aurait-on oublié en cours de route ?

Voyez la réaction des conservateurs… ben oui, on s’est platement foutu de votre gueule pendant 10 minutes, ainsi que du ROC au grand complet. Qui a prétendu que cela représente la pensée profonde des auteurs ? Personne à ce que je sache. Mais le concept de l’émission n’est-il pas aussi de rire de nos dirigeants, nos concitoyens, nos artistes, nos faits divers, et ce, sans discrimination aucune quant au choix des personnalités à écorcher ? Et puis, Harper nous a passablement écœuré en 2008, il me semble que c’est tout à fait légitime qu’il ait reçu, à son tour, une jolie douche froide de la part du milieux culturel. Ne pas le faire pour des raisons de pudeur revient à censurer la liberté d’expression.

Comme disait ma grand-mère, si on ne vaut pas une risée, on ne vaut pas grand chose. Il semble que beaucoup de gens aient oublié ce dicton le 31 décembre dernier. Et auraient eu tout avantage à s’en rappeler. Car les diverses réactions de colère de la part de ces momentanées têtes de turc m’ont fait l’effet d’un recul inouï comme société capable de rire d’elle-même.

Comme une preuve palpable que la droite gruge de plus en plus de terrain. Attention, danger…

FB