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Poème de Marceline Desbordes-Valmore

Je veux vous présenter un texte de Marceline Desbordes-Valmore, grande et brillante poétesse du 17e siècle. Cette femme a un parcours fascinant. Allez le découvrir!

Être femme et artiste à la fois fut, pendant longtemps, considéré comme profondément marginal. Imaginez à cette époque. Et pourtant cette femme s’est méritée la reconnaissance et le respect de ses pairs. Magnifique!

(D’ailleurs, Julien Clerc en a fait une fort jolie chanson.)

Bonne lecture! Et bonne écoute aussi…

F.B.

Les séparés

N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre.
les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre,
Et frapper à mon coeur, c’est frapper au tombeau.
N’écris pas !

N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes
Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi, si je t’aimais!
Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.
N’écris pas !

N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N’écris pas !

N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire:
il semble que ta voix les répand sur mon coeur;
Que je les vois brûler à travers ton sourire;
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon coeur
N’écris pas !

Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859)

poèmes de Marceline desbordes-Valmore

Pascale Ferland à la Maison de la Culture de RDL

Mardi 16 décembre, le froid est de retour, c’est le coeur un peu lourd que je m’en vais voir le documentaire de cette jeune cinéaste, pour la dernière soirée, avant Noël, des Projections Cinédit. Pourtant j’aime profondément ces soirées cinéma différentes qui ont lieu dans ma petite ville de Rivière-du-Loup. Hors la tête y était à moitié avant de partir, puis j’ai dû me botter solidement les fesses.

Comme il fallait s’y attendre, je n’ai pas été déçue du visionnement. Le film de Pascale Ferland est empreint de tendresse envers son personnage, les images d’archives ravissent la mémoire- particulièrement celles cinématographiques. Voici le lien si le film vous intéresse davantage.

http://www.quivivraverrafilms.com/index-fr.html

Ce qui m’a le plus charmé, c’est l’énergie de la sympathique documentariste. La vivacité de ses réponses, toutes gorgées de la passion qui semble l’animer, m’a fait l’effet d’un vent de fraîcheur dans ma tête et, bien qu’il n’y ait pas une foule aussi dense qu’à d’autres projections, j’ai senti que les autres spectateurs percevaient aussi cette chaleur.

J’aime toujours écouter parler ces créateurs dont l’esprit bouillonne et la peau frissonne. Je trouve ça beau cette passion viscérale pour l’expression de ses idées. Aussi je le comprends. Je n’en suis peut-être pas encore rendu là, mais il reste que je suis continuellement dans un mode créatif depuis quelques temps, par l’écriture bien sûr, et que cela me fait du bien. Tant de bien d’ailleurs que les gens autour de moi le remarquent, me le disent. Je n’ai jamais autant reçu de compliment que depuis six mois. La création rend plus beau je pense. En tout cas, si je le perçois chez mes semblables, l’équation est aisée.

Tout ça pour dire que je n’ai pas regretté d’être sortie de chez moi pour me rendre à ce rendez-vous. Je tiens à dire à quel point je salue l’initiative des Projections Cinédit. Aller à ces soirées, c’est donner sa main à quelqu’un qui nous emmène ailleurs, dans des lieux que, parfois, nous n’aurions pas choisi d’aller. Le documentaire, en lui-même, nous pousse à se questionner. Puis le traitement fait toute la différence. Comme ce portrait de René Bail que nous a présentée Mlle Ferland, tout en nuance, et comme en forme d’entonnoir pour se rendre jusqu’au coeur de l’homme.