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Poème de Marceline Desbordes-Valmore

Je veux vous présenter un texte de Marceline Desbordes-Valmore, grande et brillante poétesse du 17e siècle. Cette femme a un parcours fascinant. Allez le découvrir!

Être femme et artiste à la fois fut, pendant longtemps, considéré comme profondément marginal. Imaginez à cette époque. Et pourtant cette femme s’est méritée la reconnaissance et le respect de ses pairs. Magnifique!

(D’ailleurs, Julien Clerc en a fait une fort jolie chanson.)

Bonne lecture! Et bonne écoute aussi…

F.B.

Les séparés

N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre.
les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre,
Et frapper à mon coeur, c’est frapper au tombeau.
N’écris pas !

N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes
Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi, si je t’aimais!
Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.
N’écris pas !

N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N’écris pas !

N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire:
il semble que ta voix les répand sur mon coeur;
Que je les vois brûler à travers ton sourire;
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon coeur
N’écris pas !

Marceline Desbordes-Valmore (1786 – 1859)

poèmes de Marceline desbordes-Valmore

Hommage à Philippe Djian

L’été dernier, j’ai suivi un atelier d’écriture de paroles de chansons au Village en Chansons de Petite-Vallée en Gaspésie. Ce fut une expérience formidable, riche en créativité et en belles rencontres.

À mon retour, j’ai fait une boulimie de mots, soulevée par un souffle nouveau dans ma façon d’aborder l’écriture. Et j’ai écrit des chansons, beaucoup de chansons. Bien sûr, sur le lot, il n’y en a que quelques unes que je considère réussies.

Celle que je vous présente ce matin n’est peut-être pas la meilleure, mais elle est, pour moi, la plus significative, car elle concerne un écrivain pour lequel j’ai beaucoup d’admiration, Philippe Djian. Et le propos de cette chanson se veut un historique de son oeuvre.


Au début tes feuilles noircies

Aux yeux outrés des critiques

Sont comme un manège maudit<!–[if !supportFootnotes]–>[1]<!–[endif]–>

Qu’on dissèque dans une chronique


 

Puis il s’est mit à faire chaud

Surtout au petit matin<!–[if !supportFootnotes]–>[2]<!–[endif]–>

Au cinéma c’était beau

Ton histoire d’écrivain


 

Pour toi la vie est mouvante

Les jours sont pleins ou sont creux

Même tout seul contre cinquante<!–[if !supportFootnotes]–>[3]<!–[endif]–>

Tu dis que l’enfer est bleu<!–[if !supportFootnotes]–>[4]


 

Aucune phrase rédigée

Ne s’encombre de futile

Instants tragiques, moments gais

Sous chacun des crocodiles<!–[if !supportFootnotes]–>[5]


 

Quand tu nous dis que dehors

Le temps, ben parfois c’est lent<!–[if !supportFootnotes]–>[6]<!–[endif]–>

On sait qu’on voudra encore

Goûter ton style délinquant


 

Tu sais frôler notre échine<!–[if !supportFootnotes]–>[7]<!–[endif]–>

Au détour d’un paragraphe

Entre les mots on devine

Combien l’amour a sa place


 

Il y a dans chaque lendemain

Une renaissance potentielle

Avec toi les assassins<!–[if !supportFootnotes]–>[8]<!–[endif]–>

Ne sont pas tous criminels<!–[if !supportFootnotes]–>[9]


 

On se souvient des passages

Pimentés d’images lubriques

Vers chez les blancs<!–[if !supportFootnotes]–>[10]<!–[endif]–> c’est des pages

Pas de doutes, c’est érotique


 

Pour la mondialisation

Tu invites des policiers<!–[if !supportFootnotes]–>[11]<!–[endif]–>

Deux voix à la narration

Sur le dos, on est jeté


 

Les frictions<!–[if !supportFootnotes]–>[12]<!–[endif]–>, tu les connais

L’homme est une bête impure<!–[if !supportFootnotes]–>[13]<!–[endif]–>

Chacun traîne son boulet

C’est pas une sinécure


 

Enfin six tomes<!–[if !supportFootnotes]–>[14]<!–[endif]–>, la saga

D’une famille en perdition

Dans une ville de scélérats

Pour toi c’est comme du bonbon


 

Un jour nos lectures se croisent

On découvre ton parcours

À la craie sur une ardoise<!–[if !supportFootnotes]–>[15]<!–[endif]–>

La liste de tes amours


 

Finalement tes détracteurs

Jamais n’auront eu raison

On te lit avec ferveur

On se rappellera ton nom

 

 

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<!–[endif]–>

<!–[if !supportFootnotes]–>[1]<!–[endif]–> Maudit manège, roman, Éditions Bernard Barrault, 1986

<!–[if !supportFootnotes]–>[2]<!–[endif]–> 37,2° Le matin, roman, Éditions Bernard Barrault, 1985

<!–[if !supportFootnotes]–>[3]<!–[endif]–> 50 contre 1, nouvelles, Éditions Bernard Barrault, 1981

<!–[if !supportFootnotes]–>[4]<!–[endif]–> Bleu comme l’enfer, roman, Éditions Bernard Barrault, 1983

<!–[if !supportFootnotes]–>[5]<!–[endif]–> Crocodiles, nouvelles, Éditions Bernard Barrault, 1989

<!–[if !supportFootnotes]–>[6]<!–[endif]–> Lent dehors, roman, Éditions Bernard Barrault, 1991

<!–[if !supportFootnotes]–>[7]<!–[endif]–> Échine, roman, Éditions Bernard Barrault, 1986

<!–[if !supportFootnotes]–>[8]<!–[endif]–> Assassins, roman, Éditions Gallimard, 1994

<!–[if !supportFootnotes]–>[9]<!–[endif]–> Criminels, roman, Éditions Gallimard, 1996

<!–[if !supportFootnotes]–>[10]<!–[endif]–> Vers chez les blancs, roman, Éditions Gallimard, 2000

<!–[if !supportFootnotes]–>[11]<!–[endif]–> Ça c’est un baiser, roman, Éditions Gallimard, 2002

<!–[if !supportFootnotes]–>[12]<!–[endif]–> Frictions, roman, Éditions Gallimard, 2003

<!–[if !supportFootnotes]–>[13]<!–[endif]–> Impuretés, roman, Éditions Gallimard, 2005

<!–[if !supportFootnotes]–>[14]<!–[endif]–> Doggy bag, roman en 6 saisons, Éditions Julliard, 2005 à 2008

<!–[if !supportFootnotes]–>[15]<!–[endif]–> Ardoise, récit de lectures, Éditions Julliard, 2002

F.B.