L’été dernier, j’ai suivi un atelier d’écriture de paroles de chansons au Village en Chansons de Petite-Vallée en Gaspésie. Ce fut une expérience formidable, riche en créativité et en belles rencontres.
À mon retour, j’ai fait une boulimie de mots, soulevée par un souffle nouveau dans ma façon d’aborder l’écriture. Et j’ai écrit des chansons, beaucoup de chansons. Bien sûr, sur le lot, il n’y en a que quelques unes que je considère réussies.
Celle que je vous présente ce matin n’est peut-être pas la meilleure, mais elle est, pour moi, la plus significative, car elle concerne un écrivain pour lequel j’ai beaucoup d’admiration, Philippe Djian. Et le propos de cette chanson se veut un historique de son oeuvre.
Au début tes feuilles noircies
Aux yeux outrés des critiques
Sont comme un manège maudit
Qu’on dissèque dans une chronique
Puis il s’est mit à faire chaud
Surtout au petit matin
Au cinéma c’était beau
Ton histoire d’écrivain
Pour toi la vie est mouvante
Les jours sont pleins ou sont creux
Même tout seul contre cinquante
Tu dis que l’enfer est bleu
Aucune phrase rédigée
Ne s’encombre de futile
Instants tragiques, moments gais
Sous chacun des crocodiles
Quand tu nous dis que dehors
Le temps, ben parfois c’est lent
On sait qu’on voudra encore
Goûter ton style délinquant
Tu sais frôler notre échine
Au détour d’un paragraphe
Entre les mots on devine
Combien l’amour a sa place
Il y a dans chaque lendemain
Une renaissance potentielle
Avec toi les assassins
Ne sont pas tous criminels
On se souvient des passages
Pimentés d’images lubriques
Vers chez les blancs c’est des pages
Pas de doutes, c’est érotique
Pour la mondialisation
Tu invites des policiers
Deux voix à la narration
Sur le dos, on est jeté
Les frictions, tu les connais
L’homme est une bête impure
Chacun traîne son boulet
C’est pas une sinécure
Enfin six tomes, la saga
D’une famille en perdition
Dans une ville de scélérats
Pour toi c’est comme du bonbon
Un jour nos lectures se croisent
On découvre ton parcours
À la craie sur une ardoise
La liste de tes amours
Finalement tes détracteurs
Jamais n’auront eu raison
On te lit avec ferveur
On se rappellera ton nom
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